Les tribulations d'un futur papa

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Découvrez un Prof à l'envers en futur papa.

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A l'envers

Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 09:43

Je viens de m'apercevoir que le lien ne fonctionnait pas!

C'est réparé.

 


Les aventures d'un Prof à l'Envers se poursuivent ici :

 

 

Prof et/ou Papa

 

A tout de suite !

Par Tévélis - Communauté : BALOURDISES
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 19:29

 

Jusqu'à l'année dernière, notre chère école faisait partie d'un réseau nommé RAR. Réseau Ambition Réussite.

 

L'an dernier, des gars du service marketing de l’Éducation Nationale ont trouvé ridicule ce pauvre A tout seul entre deux R. Par souci d'équité entre voyelles et consonnes, ils ont décidé d'intégrer un I dans le sigle pour tenir compagnie au A. Le I de Innovation.

 

Cependant, RAR ça sonnait plutôt bien. RAIR, pas trop, RIAR encore moins. ARRI, c'était trop masculin, RIRA trop risible et IRRA c'était déjà pris par un groupe d'Irlandais.

 

Après avoir joué au Scrabble, à Motus et à Boggle toute la journée avec ces 4 lettres, les têtes pensantes de l'EN se sont autorisées une variante dans les règles du jeu.

 

Un des gars : On a qu'à ajouter des lettres.

Un autre : Des voyelles ou des consonnes ?

Le gars : …

Un autre : Au Scrabble, il y a plus de consonnes.

 

Du coup, il se sont mis d'accord là-dessus et sont rentrés chez ultra-satisfaits de leur journée de travail.

 

Le lendemain, après deux heures et demie de brainstorming, un des types a commencé à sauter partout dans la pièce en criant «  Ça y est, ça y est, je l'ai, je le tiens ». Comme il n'avait rien dans les mains, les autres lui ont demandé de quoi il parlait. «  Le sigle ! », il a crié. Puis il a rajouté «  Je l'ai ! ».

 

Il a encore sauté pendant deux minutes, ensuite il a entrepris de leur faire part de sa découverte mais comme il tournait trop autour du pot, les autres étaient prêts à l’étriper. Enfin après qu'il ait exposé son idée, ils se sont jetés à ses pieds pour les embrasser.

 

Son idée : ECLAIR : École Collèges et Lycées pour l'Ambition et l’Innovation pour la Réussite.

 

Du coup, le mec a été promu. Ils l'ont collé au ministère de la défense. Là-bas, c'est plus dur, il faut trouver des sigles que les pays ennemis ne comprennent pas.

 

Tout ça pour vous dire que le I et les autres lettres n'ont pas trop changé notre manière de travailler. Directrice a dit «  On les a pas attendu pour être Innovants ». On a tous répondu «  Non, bien-sûr que non, non. Qu'est-ce-qu'ils croivent ?? ».

 

Par contre du côté du collège de secteur, le I a fait tourner des têtes. Ils innovent à tour de bras, là-bas. Vu de l'extérieur, c'est plutôt amusant de les voir innover. Mais quand leurs innovations commencent à passer les portes de l'école primaire, on rigole moins.

 

La nouvelle principale a découvert un truc innovant que l'on faisait déjà depuis plusieurs année. La liaison CM2/6ème.

Les CM2 allaient une dizaine de fois au collège dans l'année pour des occasions diverses. Dix fois, c'est bien.

 

Par contre quand dans notre emploi du temps du début de l'année, on est obligé de coller des cases « collège » , quand on se dit que l'an prochain il faudra faire une liaison CM1/CM2 pour habituer les CM1 à aller au collège, ça commence à plus faire rigoler du tout leur truc innovant.

 

C'est pour ça que ce matin, quand Directrice m'a dit que je devais aller au collège demain pour que les 3èmes fassent une séance de maths à mes élèves, j'ai péter les plombs et ai décidé de boycotter.

 

Directrice : Fais ce que tu veux mais il faut que tu informes l'Inspectrice.

 

La nouvelle Inspectrice, personne ne l'a encore testée. Tant pis, je m'y colle.

 

Je lui rédige un mail assaisonné à coups de « Chère Madame l'Inspectrice » avec des majuscules partout. J'y ajoute ma colère à grands coups de « Je Vous prierais de comprendre... ». Je ne mâche mes mots lorsque je lui sors que « la démarche pédagogique avec le collège est intéressante mais... ». Et je conclue ulcéré que « peut-être ultérieurement je participerai volontiers à ce projet ».

 

Je suis fière de mon message. L'Inspectrice si prendra à deux fois avant de m'imposer des projets sans mon accord.

 

Magalie passant par là, je l'appelle et lui fait lire le message que je viens d’envoyer.

 

Magalie (visiblement choquée) : Me dis pas que t'as envoyé ça à l'Inspectrice.

Moi (bombant le torse) : C'est corsé hein. Faut pas me chercher,moi. Les gens, je les remets à leur place. Hiérarchie ou pas, je dis ce que je pense. Je suis un déglingo, un gros foufou.

Magalie : Tu rigoles, ton mail, il est aussi policé que le débat des primaires socialistes de jeudi dernier.

Moi : …

Magalie ( réitérant, et visiblement inquiète) : T'as pas envoyé ça ??

Moi : Ben si, pourquoi ?

 

Et la réponse tombant comme une masse sur ma courte carrière de professeur.

 

Magalie : Parce que c'est bourré de fautes d'orthographe.

 

 

http://www.brunoh.com/wp-content/uploads/2010/11/boggle.jpg

Par Tévélis - Communauté : BALOURDISES
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 14:46

Elle : Tévéliiiis ! T'entends pas, y'a le Petit qui pleure depuis 10 minutes.

 

Elle monte, me rejoind dans le bureau et réitère sa question.

 

Elle : Tu l'entends pas pleurer ? Je suis occupée, tu pourrais y aller.

Moi : Ma mère, elle dit qu'il faut le laisser pleurer, ça lui fait les poumons.

Elle : Ta mère, elle t'attachait aux barreaux du lit pour pas que tu te griffes.

Moi : C'était une bonne idée. Non ?

Elle : Elle a jamais pensé à te couper les ongles ?

 

Le téléphone sonne. Elle descend pendant que je me dirige dans la chambre du Petit.

 

Elle remonte quelques secondes plus tard, me tend le téléphone que je lui troque contre notre fils.

 

Elle : Ton éditeur.

 

La classe. « Ton éditeur ». « Ton », le tien. Le mien. La classe.

 

D'autant plus la classe, que c'est la première fois qu'il m'appelle.

 

L'éditeur : Dîtes, on est le 24 aôut 2011, votre livre sort aujourd'hui. Faudrait penser à faire un peu de promo.

Moi : C'est fait, j'ai appelé ma mère. Elle s'en occupe.

L'éditeur : Sinon, y'a des émissions que j'ai contactées. Il faudrait vous y rendre.

 

Il me raconte que sur Europe 1, Drucker est prêt à jeter Amanda Lear pour m'avoir à son micro. Que Nikos peut déprogrammer Lorànt Deutsch pour m'interviewer.

 

Ce soir Mélissa Torio m'accueillerait bras ouverts sur son plateau si je daigne me déplacer.

 

Il a même obtenu un passage à l'émission Baby Boom la semaine prochaine.

 

Mais le pompon, ce serait mon intrusion en plein milieu du prime de Secret Story en arrivant  en parachute dans la piscine.

 

Moi : Sinon, y'a mes blogs.

L'éditeur : Va pour les blogs. J'annule tout le reste.

 

C'est pas que je fasse la fine bouche. Mais Paris quand il pleut, c'est pas mon truc. Je préfère rester bien au chaud derrière mon clavier pour vous annoncer que

 

« Les tribulations d'un futur papa » paraît aujourd'hui chez City Editions.

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Vous pouvez le trouver dans n'importe quelle librairie. Enfin je suppose.

Ou le commander par ici : FNAC     AMAZON       DECITRE

 

Merci encore pour votre soutien, vos commentaires et le simple fait que vous ayez lu ce texte jusqu'au bout.

 

Par Walter - Communauté : BALOURDISES
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 22:47

On frappe à la porte de la classe. J'ouvre et tombe nez à nez avec Jocelyne, la dame qui fait l'entretien de ma classe (entre autre). Elle porte un grand sourire et un seau encore plus grand. Elle me le tend.

 

Jocelyne : C'est pour toi.

 

Curieux, je m'approche et regarde à l'intérieur du seau. Vide.

Mon regard doit être éloquent car lorsque je lève la tête, Jocelyne me dit.

 

Jocelyne : Pas dedans, ballot. Le seau. C'est le seau que je te donne.

 

Je ne sais pas ce qui m’interloque le plus. Jocelyne qui m'offre un seau vide devant toute ma classe ou Jocelyne qui me dit « ballot » devant toute ma classe.

 

Je la remercie du bout des lèvres et s'apercevant de mon désarroi, elle précise.

 

Jocelyne : C'est pour remplacer ton vieux seau. Celui qui a l'anse cassée.

 

En fait de seau, c'est un ex-pot de mayonnaise de la cantine. Il est là au pied de l'estrade, et me sert à mouiller l'éponge lorsque j'efface le tableau.

 

Jocelyne : C'est avec mon argent.

Moi : Ben, fallait pas Jocelyne. Je ne sais pas...

Jocelyne : Je sais, je sais. T'as rien pour moi. Mais je t'ai pris pas surprise. Ce sera pour plus tard.

 

Mince alors. Qu'est-ce-qu'on offre en échange d'un seau. Nadine de Rothshild n'a pas pensé à ça.

Et puis, qu’est-ce-qu'il a mon pot de mayo ? Il est très bien.

Jocelyne semble lire dans mes pensées.

 

Jocelyne : J'en pouvais plus de ton ancien seau. Pas moyen de le déplacer quand je lavais le sol, vu que l'anse est cassée. Alors je le renversais une fois sur deux. En plus, celui-là il est plus grand, c'est mieux. C'est avec mon argent, hein !

Moi : Oui, oui, merci Jocelyne. Les enfants, vous remerciez Jocelyne.

Les enfants : Merci Jocelyyyyne !

Ludovic : C'est cool une lance, ce sera plus pratique.

Mamar : Ouais, mais plus lourd aussi, vu qu'il est plus gros.

 

 

Le lendemain matin, j'entre dans ma classe un matin. Je pose la pile de cahiers du jour par terre. Par terre, car il n'y plus de place ailleurs. Ni sur mon bureau où les dossiers des CM2 destinés à la sixième s'entassent depuis plusieurs jours. Ni sur la grande table du fond où sèchent depuis trois semaines des productions gouachées. Du coup, par terre, c'est très bien.

 

Dire que je harcèle les gamins à longueur d'année, pour qu'ils aient un casier impeccable. Heureusement qu'ils ne sont pas assez insolents pour me faire remarquer que mon bureau est encore plus désordonné que le moins soigné des cahiers.

 

Un peu comme lorsque, moi-même CM2 à l'époque, j'avais assisté à une scène cultissime dans les annales de l'insolence.

 

M. Frachebois ( rouge de colère , lançant le cahier du jour de Florian Crepin à travers la classe ) : FLORIAN !!! TON CAHIER DU JOUR, C'EST PAS UN BROUILLOOOON !!!!!

Florian Crepin : Monsieur, mon cahier du jour, c'est pas un avion.

 

Je me dis simplement que je rangerai plus tard. Je monte sur l'estrade, prends une craie et écris la date. Au moment de redescendre, je manque de mettre le pied dans le seau de Jocelyne. Dans un réflexe de footballeur, je shoote pour éviter de mouiller ma chaussure.

 

Malheureusement mon pied emporte l'anse du seau, puis le seau lui-même et un immense geyser en surgit pour inondé la classe. Je me retrouve sur mon estrade, comme sur une île, en train de regarder si un navire de passage pourra me sauver. Mais les seules embarcations que je vois, sont les cahiers du jour qui flottent devant moi, suivi du seau vide dont l'anse s'est cassée dans la bataille.

 

Une demi-heure plus tard, les élèves sont rangés dans le couloir. Je donne le signal et guette leur réaction lorsqu'ils entrent en classe.

 

Bien-sûr, j'ai usé de la serpillière et ouvert la fenêtre. Donc aucune trace d'eau par terre. Ce qui rique de les laisser pantois, c'est plutôt le fil à linge improvisé à travers la classe, où accrochés par des pinces à linge, pendent... leurs cahiers du jour.

 

Lorsque je vois leurs yeux remplis d'incompréhension et leurs bouches ouvertes de stupeur, je me fais la promesse de ne plus leur faire la moindre remarque à propos du soin... au moins jusqu'à demain.

 

Pour couronner le tout, le lendemain en rentrant en classe avec mes cahiers du jours tout gondolés mais néanmoins corrigés, je découvre un message écrit à la craie sur mon tableau. C'est Jocelyne.

 

« Je ne comprends pas. Mais vraiment pas. Une anse, c'est quand même plus pratique ! »

 

http://www.hellopro.fr/images/produit-2/4/8/8/seau-plastique-avec-couvercle-5-litres-1629884.jpg

Par Walter - Communauté : La salle des maître(sse)s
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 19:51

 

Qu'est-ce que je fous là ?

Un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Gulliver au pays des Liliputiens.

Mais qu'est-ce que je fous là ?

 

Ah oui ! Je sais. M. Jeanti. L'échange de service. Mes élèves qui reviennent de leur séance de sport avec mon collègue. Ils ont l'air ravi.

« C'était comment ? », mais je regrette déjà la question. «  Trop bien ! » «  Génial ! » « TTMSG » «On parle pas le SMS en classse ! » « Trop trop méga super génial ! »

Puis le coup de massue : « Même que M. Jeanti, il a couru avec nous. »

Et un autre. Encore plus fort : « Même qu'il court le cross avec ses élèves ».

 

Voilà ce que je fous là. Un peu d'amour propre. Beaucoup de fierté aussi. L’esprit de compétition sans doute.

Et me voilà en short avec mon T-shirt Heineken au milieu d'une centaine de mômes de 10 ans, dans l'attente d'un coup de feu qui nous lancera moi et tous les CM2 de la ville dans une folle course de 2 km.

Je suis mal à l'aise. Je me sens grand, maigre et poilu au milieu de cette masse juvénile. Je ne sais pas quoi faire de mes bras, de mes jambes. Heureusement un autre instit rejoint le groupe. Un concurrent très sérieux, apparemment. Il porte un T-shirt Kronenbourg.

 

PAN. C'est parti. PAN PAN PAN ! Faux départ.

Une classe retardataire arrive en trottinant. On les attend. Leur maîtresse se place sur la ligne de départ avec eux. Elle ne paie pas de mine avec son débardeur Hello Kitty. Pourtant, j'ai peur. Je vois, à son poignet, le même grosse montre qu'à celui de M. Jeanti. Sûrement une habituée de la petite foulée..

 

PAN ! Moment de flottement dans le groupe. Tout le monde se regarde. On n'est pas sûrs. Si ? C'est bon ? C'est parti.

 

Au début, les 3 adultes restent avec les mômes pour les accompagner, les encourager. Puis, assez vite, on commence à se jauger. Hello Kitty ne semble pas essoufflée. Elle prend la tête du groupe et se détache peu à peu.

Par solidarité masculine, Kronenbourg et moi, on court côté à côte. On passe devant le premier môme, mais Hello Kitty est déjà loin. Vous allez me traiter de machiste de base, mais je garde encore dans la bouche le mauvais goût des défaites contre les filles. Un saveur âpre qui date des cour de récré.

Du coup j'accélère.

 

Kronenbourg me suit mais va bientôt craquer. Il est sous pression. Je lui vois un peu de mousse à la commissure des lèvres. La déshydratation le guette. J'en remets une couche et me trouve bientôt à hauteur de la meneuse. Kronenbourg est distancé. Je n'entends plus sa respiration rauque derrière mes talons.

 

Plus que 500 mètres. Un passage devant les tribunes et on rejoint la piste pour un tour de stade.

C'est ici, devant les tribunes surchargées par tous les cycles III de la ville, que le drame se produit. J'entreprends de doubler Miss Hello Kitty pour prendre la tête de la course des CM2, quand soudain ma cheville gauche se tord et je perds l'équilibre.

 

Par réflexe, je m'agrippe dans ma chute,au débardeur rose de ma concurrente. Elle résiste. Le débardeur aussi. Plus tard j'apprendrai, par M. Jeanti qui a vu la scène depuis les tribunes, que j'ai bien fait de lâcher le débardeur avant que la poitrine opulente de la maîtresse n'explose au regard des mouflets réunis dans les gradins.

 

Je me ratatine par terre dans une glissade pitoyable et je me brûle le flanc sur le gravier, trouant alors mon T-shirt, dernière trace de ma débauche étudiante. De plus, ma cheville est douloureuse et je ne peux repartir qu'en claudicant pour le dernier tour de piste.

 

La honte d'avoir chuté devant les tribunes pleines n'est rien en comparaison de ce qui m'attend.

 

Un par un, mes élèves me doublent en me gratifiant d'un «  Allez Maître, c'est bientôt fini ! ». J'accentue alors le boitillement pour toute justification.

 

Pourtant je ne devrais pas dévaloriser leurs efforts et cet exploit de doubler leur maître. Je vois dans chacun de leur regard plus de fierté que lorsqu'on avait gagné le prix de la meilleure poésie collective, grâce à leur création « De la margarine sur le canapé » et que Mamar avait vomi dans la coupe en sortant du bus. Plus de fierté que lorsqu'il avaient vu leur photo dans le journal avec la légende suivante «Les enfants de CM2 ont interprété un classique de Mireille Matthieu lors du concert pour la paix. »

 

Alors, malgré la douleur fulgurante qui me scie la cheville, je trottine sans boiter et les encourage à chaque fois qu'ils me dépassent.

Cependant malgré tous mes efforts de ralentissement, Lina et Hubert ne me dépasseront jamais. Et les pauvres subiront l'anecdote de chacun des autres contant tour à tour « quand ils avaient doubler le maître. »

 

 

http://img.1001stages.com/img/img_rubriques/hd/773.jpg

Par Walter - Communauté : BALOURDISES
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 14:55

- Qui est là ?

- Walter.

- Walter qui ?

- Walter, le prof à l'envers.

- Connais pas ! Au revoir.

 

Mais si, Walter !  Ce n'est pas si vieux, pourtant. Mon dernier vrai article de prof date seulement.... d' il y a 1 an 5 mois et 10 jours.

 

Entre temps j'ai vécu une autre vie. Celle d'un papa ( Tévélis) qui attend patiemment pendant 9 mois.

 

Mais Walter n'a pas dit son dernier mot. Et le revoilà. Me revoià.

 

 

 

http://laoujetemmenerai.free.fr/wp-content/2010/03/278_porte_ouverte.jpg

 

 

Par Walter - Communauté : L'exutoire
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 18:20

Bonjour à tous !

 

Cette année scolaire était difficile. La bonhomie qui transparaît dans les articles de mon blog est  plutôt artificielle.

 

Je mets le sujet de côté car quand ce n'est plus un plaisir, il est difficile d'en faire rire.

Ca reviendra, promis.

 

En attendant, d'autres préoccupations s'installent dans mon esprit.

 

Un autre blog ! Un autre pseudo ! Un autre sujet !

 

Encore de l'humour ! Encore des sarcasmes ! Et j'espère, du plaisir !

 

Suivez-moi !

 

Par Walter - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 10:31

L'autre jour, avec des potes, on débattait sur l'éternel sujet des privilèges des profs.
J'ai conscience d'un certain confort dans notre profession. Je sors toujours les mêmes arguments pas très virulents pour défendre un minimum notre fonction...mais sans conviction. Puis je me tais.

Or, j'ai réfléchi  un peu plus longuement à notre condition...suite à la rediffusion des nouvelles aventures de Loïs et Clark sur RTL9.

Superman est journaliste. Spiderman est photographe. SuperBoy est étudiant. Flash est chercheur. Catwoman est employée d'une compagnie de cosmétique.  Et  Batman et Zorro sont.... riches.

 

Connaissez-vous un super-héros, professeur des écoles ?

 

Notez que les seuls supers héros qui n'ont pas de pouvoir sont riches.  Bruce Wayne et Don Diego de la Vega ont en effet les moyens de jouer aux supers-héros.  La bat-mobile et Tornado ont plus de panache qu'une Clio grise avec un autocollant de la MAIF. Donc, si Superprof existait, il aurait des pouvoirs.

 

Or, d'autres inconvénients me permettent de penser que Superprof n'existe pas !

Au moindre cri de terreur, Superman pose son stylo, court dans une cabine téléphonique  (de plus en plus difficil à trouver) et se déguise en arrachant sa chemise.
Superprof, lui, serait obligé de répartir ses élèves dans les classes de ses collègues agacés. Il aurait pris soin que chacun ait un travail en autonomie pendant son sauvetage. Il devrait ensuite téléphoner à son inspection de circonscription pour signaler son absence. Autant dire que le cri de terreur se serait transformé depuis longtemps en boullie sanguinolente au bas d'un immeuble, quand Superprof arriverait.

Et les vacances. Imaginez la réaction des habitants de Chaumont ou Pontarlier quand leur Super-Héros local serait absent plus de 4 mois par an.
Imaginez Jean-Pierre, dans un ultime avertissement à sa femme infidèle, qui s'élance du plus haut toit de Loches ou Vierzon en ayant prévu que Superprof le sauverait et que sa femme épleurée  le retrouverait en bas de l'immeuble pour le prendre dans ses bras et s'excuser pendant que notre héros s'éclipserait discrètement.
Or,  Jean-Pierre a mal choisi la date de sa mise en scène. Superprof est un aoûtien et il est en train de sauver Cindy d'une piqure de méduse sur une plage de la Grande Motte.

La valse incessante des profs soumis au rythme des mutations est aussi un frein pour  Superprof.

La vie d'un super héros n'est pas facile au début de sa carrière. Il doit se faire connaître. Dans un premier temps, il terrorise malgré lui les habitants de sa ville. Normal ! Un mec en pyjama qui vous tend la carte bleue qu'un type venait juste de vous voler avant que le même type en pyjama lui fasse les gros yeux (rouges) qui l'ont statufié.... Avouez que ce n'est pas rassurant.

Ensuite, il y a les forces de l'ordre qui vous mettent des batons dans la cape.

Après, la population commence à comprendre votre réelle motivation : Oeuvrer pour que le bien domine dans leur ville pleine de vilains brigands. Vient alors le fanatisme. Les autographes, les groupis, les paparazzis, les nanas qui sautent volontairement dans le vide pour avoir vos faveurs. Il suffit de quelques corps de fans écrabouillés sur le trottoir pour calmer les imposteurs qui ont compris que vous n'étiez pas dupe.

Enfin, la phase de banalisation arrive. On vous connait, on vous respecte. Le boulot peut enfin se dérouler dans le calme.

 

Si Superman avait voulu être instit, il aurait sûrement fait sa deuxième année d'IUFM a Métropolis. Mais dès l'année suivante il aurait été muté à Montbéliard, Vesoul ou Lons le Saunier dans le meilleur des cas et Mouthe, Maiche ou Chauneuve dans le pire des cas. Pas le temps de se faire accepter par les autochtones qu'il faut déjà  bouger à la rentrée suivante..

 

Les supers héros ont compris depuis longtemps que prof n'était peut-être pas le plus beau métier du monde.

 

Par Walter - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 13:18
Quatre autour d'une table. Des cadavres de bouteilles qui jonchent le sol. Chacun un verre à la main, on refait le monde.
De la politique à l'actualité people en passant par le mouvement vert, tout y passe.

Jérôme : Non, mais on devrait taxer les salaires des grands patrons... Avec ce qu'ils gagnent, ils verraient même pas la différence.
Karim : Ouais ! Et on reverserait tout ça dans la technologie des énergies renouvelables pour que ça change, toute cette merde !
Bruno : Ouais, de toutes façons, ca va pas tenir longtemps comme ça...On va faire la révolution.
Moi : Sinon, on peut aller en boîte.

C'est comme ça que quatre types amorphes près à s'endormir le nez dans leur verre, se retrouvent à sauter partout sur une piste de "danse" en chantant à tue-tête "Partenaiiiire particuliiiier.....".

A nous quatre, ça faisait bien un siècle qu'on avait pas mis les pieds dans ce genre de lieu de débauche. Alors, comme on n'y est pas tous les vendredis soirs, autant se débaucher pour de bon !

On massacre le répertoire français, on caricature la tektonik, on pogotte pendant les slows, on va danser dans la cage, sur les baffles, dans les toilettes, on boit un peu.... Bref on se fait remarquer. Puis les lumières s'allument.

Déjà ! Un coup d'oeil sur le portable. Trois heures cinquante.... Ah ouais quand même !

A deux pas de la sortie, presque libre, le videur vient droit sur moi.

Le videur : T'es prof, toi !
Moi : ....

Je baisse la tête et regarde si j'ai mis mon T-shirt Education Nationale. Non, pourtant !
Comment il a deviné. Je pensais être incognito. J'avais cru avoir effacé toutes traces de profitude dans mon attitude.
J'avais rasé ma barbe. Echangé mes lunettes contres des lentilles. Mon pantalon de velours contre un jean déchiré. J'avais même mis du déo pour éviter les auréoles sous les bras (au cas où j'avais dû faire la célèbre chorégraphie des Village People sur YMCA).

Moi : Ben, comment vous savez.... monsieur ?
Le videur : Tu me reconnais pas ?

Un flash. Ca y est, je le remets. Les rôles s'inversent.
Je descends dans le hall de l'école pour libérer les mômes. Un type se pointe vers moi.

Le type : Bonjour, monsieur. Je suis le nouveau surveillant de cantine. N'auriez-vous pas la clé du local à matériel. Je n'ai pas encore la mienne.
Moi : Si, tiens. Fais gaffe, faut forcer un peu. Tu m'envoies un gamin pour la ramener.

Retour en boîte.

Moi
: Ah oui ! Le surveillant de cantine.... Vous bossez là aussi !
Le videur : Oui, à l'occasion... Mais toi, qu'est ce que tu fais là ? Enfin, je veux dire...en boîte de nuit !
Moi : ....
reMoi : Je danse, je bois, je saute partout, je rebois, je fais un lap-dance avec le pilier près de la piste, je manque de vomir, mais non ça va mieux, alors je rerebois, je colle une nana pendant  un zouk, je me fais taper dessus par son mec, je rererebois, je danse, je chante, je renverse mon verre, j'essaie un zouk avec un mec, encore un échec, je rerererebois, je danse.... La routine, quoi !  Tout ce que les gens normaux font quand ils viennent en boîte de nuit ! Non ?
Le videur : Ouais, ouais je comprends...mais bon....comme t'es prof, je me disais.....

Et voilà, on en revient toujours au même !
Dans la tête des gosses, des videurs et même de certains parents , un prof, à 16h30, il se met en mode veille dans une boite en carton au fond d'un placard de la salle de classe jusqu'à 8h20 le lendemain.

Alors quand on a le malheur de faire ses courses au Cora comme la plupart des gens normaux, ça peut donner ce genre de scène :

Une voix : OOOOH   LE MAITRE !!!!!!!

Je me retourne. Je vois un de mes élèves bouche bée, les yeux ronds comme des boulons, frappé de stupeur...

Sa mère (qui lève la tête) : Ah oui, tiens ! Le maître...
Son mari (tout aussi surpris) : Ah oui, le maître.
Moi : Euh bonjour....

En général, ils restent une dizaine de secondes immobiles, la bouche ouverte...et lorsqu'ils sortent de leur torpeur, je suis déjà à la caisse.

Mais, je pense que cela peut très vite dégénérer.
Imaginez, un type un peu influençable qui voit un couple et son gosse scotchés devant un mec qu'ils appellent maître. Le type influençable se met en mode secte et  s'immobilise devant le maître en disant " Oh le maître !" En moins de 5 minutes un vingtaine de  personnes sont à vos pieds et acclament votre fonction "Maître, maître, maître..."

La voix du magasin
: Nous informons notre aimable clientèle que le maître nous fait l'honneur de  faire actuellement ses courses dans notre cher magasin. Il se trouve actuellement au rayon des couches culottes, des cotons tiges et des serviettes hygiéniques. Pour l'occasion, et uniquement pendant dix minutes, profitez de l'offre : Un paquet de tampons offert pour l'achat de deux serpillères. N'hésitez pas à les faires dédicacer par le maître.





Par Walter - Communauté : L'Essaim d'Esprits
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 20:47
Vous est-il déjà arrivés d'être invités à un mariage dans lequel vous ne connaissiez personne...mis à part le marié lui-même.

Si la réponse est non, je vous fais partager cette triste expérience dès maintenant.

Après la cérémonie éclair de la mairie, les mariés qui veulent proifiter du plus beau jour de leur vie, nous convie à l'église. Et, là, ils profitent. Entre lectures de potes, psaumes de curé, chanson d'Hélène Segara et quête de clergé, on a le temps d'apprécier l'architecture gothique ou romane ou cubiste....Bon, on apprécie, on caille, on prie, on se lève, on s'assoit, on se met sur la pointe des pieds pour  voir le bisou, on applaudit, et on fait la queue pour féliciter (et saluer par la même occasion) les mariés que l'on a n'a pas encore vu de la journée.

Mon pote d'enfance me fait part d'un "bonne nouvelle".

Mon pote : Tu verras, pour le plan de table, j'ai fait un tour de force. Tu seras ravi. Je te laisse la surprise. Allez, à plus tard.

Je crains le pire. L'apéro fini, je me dirige vers ma table. Elle est déjà presque complète. Et là, planté à 5 mètres de ma chaise, je hume la surprise. Devant moi, assis sans trop se parler, mal à l'aise, 9 personnes se jaugent, se regardent, se sourient bêtement. Les couples chuchotent.
La surprise : un condensé de l'éducation nationale. Je le vois à l'oeil nu.

Tant pis, je m'assois. Peut-être qu'on évitera le pire si personne ne parle de sa profession. Je n'y crois pas.
Et j'ai raison. Dix minutes plus tard, les présentations sont faites. On ne connait pas nos prénoms...mais juste nos fonctions.

Un directeur d'école primaire. Un maître G. Une itinérante en anglais. Un brigade. Une ZIL. Un maître E. Une IMF et j'en passe. Un panel complet du premier degré et de toutes ses fonctions. Chacun vante l'utilité et la difficulté de sa spécialité. Puis on s'interesse à moi qui me suis tu jusqu'à présent.

Une nana : Et toi ?
Moi : Juste prof des écoles ...en CM.
La table : ....
La nana (mal à l'aise) : ah....c'est bien ...aussi !

Les présentations faîtes. L'unique sujet de la soirée semble lancé. Et on n'en sort pas. Pas même pour aller au buffet ou pour danser pendant les interludes. Tout y passe, anecdotes, coups de gueule, réflexion pédagogique.... Voici un résumé :

Les élèves ne sont plus ce qu'ils étaient du temps où on était nous-mêmes élèves.

Les parents ont pris le pouvoir dans les écoles.

Les programmes sont inapplicables.

Le ministre est un con.

Les syndicats sont des incapables.

La profession est dévalorisée....

Et j'arrête là, avant que vous vous mettiez à pleurer sur nos tristes conditions laborales.

Un mec (soucieux de m'intégrer dans la conversation) : Et toi ? T'as pas des anecdotes ou ....
Supermoi : Si bien-sûr. Mais depuis que j'ai collé la pub sur mon blog, je lui réserve l'exclusivité de mes histoires d'école. Je vais pas prendre le risque de perdre un nombre incertain de lecteurs en dévoilant en exclusivité le contenu de mon blog à neuf personnes que je ne connais même pas. En plus, j'avais espéré passer une soirée loin du boulot. Dans un salle des fêtes miteuse de la France profonde, j'avais espéré qu'on critique la robe de la mariée, qu'on crache sur le DJ et son animation bidon, qu'on boive sans excès ce bon vin d'Arbois, qu'on chambre le cousin du marié qui vomit sur sa voiture... Mais malheureusement j'ai eu la surprise de tomber en plein conseil d'école.
Moi : Euh, non.... tu sais je ne suis que prof des écoles...normal....j'ai pas grand-chose à dire.

Vers la fin de la soirée, les places changent. On va à droite à gauche vers ses connaissances. Moi, je n'en ai pas mais je ne veux pas moisir avec "mes collègues". Je  me  jette sur une chaise vide.

Malheureusement, j'arrive après la guerre. Tout a déjà été débalé. La coupe de la mère de la mariée, le zozotement du curé, le champagne bon marché, la stupidité des traditions telles la jaretière ou le pot de chambre, l'embonpoint de la marié qui ressemble à un épave de galion englouti en cette fin de soirée.

Sans le savoir je vais relancer leur soirée.... à mes dépens.

Un mec : Ah...tu es le pote d'enfance de Benja (le marié) ?
Moi (content qu'on me reconnaisse) : Ouais !!!
Un mec : T'es prof, c'est ça ?
Moi (tombant dans le piège) : Ouais et toi ?

Mais ma question, il s'en fout. Ils viennent de trouver un autre sujet de discussion. C'est reparti pour un tour :

Les vacances excessives.

Le nombre d'heures hebdomadaires.

Les privilèges des fonctionnaires.

Les mauvais profs qui ne savent pas faire leur boulot.

Les profs qui se plaignent sans arrêt....

Mais j'arrête là, car je vous vois déjà  hocher la tête en disant "Ah ouais, c'est clair...ah ouais...c'est vrai tout ça !"

Puis le mec qui m'a reconnu, détruit tout leur argumentaire savamment construit sur un tas d'idées reçues, en disant :
"En même temps, je me vois pas 6 heures par jour devant 25 gamins".

On est d'accord. Mais je pars quand même.
Je vais voir mon pote en prétextant du boulot. Genre, je dois préparer le lundi, je suis peut-être inspecté. Il comprend...en souriant et me sert la main en me remerciant ...avant d'ajouter en guise de conclusion :

"Sacrés profs, va !"



Par Walter - Communauté : La salle des maître(sse)s
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