Je m'étais dit cette année que je ne balancerais pas sur mes collègues... C'est
un peu comme arrêter de fumer. Au moment où on se sent fort, sûr de sa maîtrise... on nous colle un paquet sous le nez. Et bien, c'est pareil. Quand je pense résister à la moquerie...
les collègues se mettent en quatre pour se ridiculiser et me tenter.
Donc, ce matin, Madame Lafeuille arrive à l'école en baskets. Jusque là rien d'anormal vous dîtes vous. Soit vous ne connaissez pas Madame Lafeuille (voici de quoi corriger cela), soit vous aussi, vous mettez des baskets quand vous êtes habillés en tailleur... Je crois que depuis le
portable de Michaël (voir image), je n'avais rien vu de plus ridicule.
Mes collègues aveugles ou faux-culs ne font aucune remarque... Je me lance :
Moi : Ben didon... Madame Lafeuille... t'as sorti les pompes.
Madame Lafeuille (à qui le langage jeune échappe carrément) : ....
Moi : T'as mis des belles baskets... Tu fais sport aujourd'hui ?
Madame Lafeuille ( rougissant) : Non !
Moi (mal à l'aise... ne comprenant pas sa réaction... et complétement faux-derche) : En tout cas, elles te vont super bien.
Madame Lafeuille : Merci.
C'est un peu plus tard que j'ai compris. Ma collègue avait pris rendez-vous avec le jeune-papa-beau-gosse de l'école. J'avoue, moi qui suis du genre à donner mon avis sur les mecs pour
jauger la concurrence, que ce papa est plutôt pas mal. En tous cas, même en mettant du gel, du déo et de la pommade, je lui arrive pas à la cheville (c'est dire...).
Madame Lafeuille qui secrètement ( et vainement ) espèrait charmer le jeune-papa-beau-gosse avait arrangé un rencart sous un prétexte bidon, genre :
Monsieur,
depuis la rentrée le comportement de Julie m'inquiète. J'en ai déjà parlé à votre épouse entre 2 portes mais cela n'a servi à rien. J'aimerais donc vous rencontrer vous personnellement,
tout seul, sans votre femme, que vous quoi... Lundi soir à partir de 16h30 jusqu'à une durée indéterminée. Je ne souhaite pas que Julie assiste à la réunion, les propos que nous
tiendrons étant, je le crainds pas, de son âge (si vous voyez ce que je veux dire...). Affectueusement Madame Lafeuille.
A 16h30, elle s'enferme seule avec lui dans sa classe.
Avec Aurélie de maternelle, on passe devant et voilà qu'on trippe. On imagine les différentes situations qu'on rencontrerait si on entrait sans prévenir dans la classe...
1. Et là, on rentre... et on voit le papa debout derrière le bureau avec le compas géant du tableau dans la main. Madame Lafeuille de l'autre côté n'a gardé que ses baskets...
Le papa (histérique, qui perd pas mal de charme) : NAPROCHAIPA !!! NAPROCHAIPAAAA !
Madame Lafeuille : Allons du calme, je veux juste vous parler de Julie....
Le papa (suppliant à bout de force): Rhabillez-vous... s'il vous plaît... s'il vous plaiiiit !
Madame Lafeuille : J'ai drôlement chaud...pas vous ?
Le papa (sanglotant et se rendant...) : Prenez moi, faîtes ce que vous voulez de moi... mais couvrez vous... j'en peux plus...aaaaahhhrrr !
2. Et là, on rentre...
Madame Lafeuille est au tableau et le plus sérieusement du monde, pointe de sa grande règle jaune une position du Kamasutra dessinée au tableau.
Le papa assis à la place de Julie récite docilement :
Le papa : La position 31 : Se pratique de preférence dans un gymnase muni de grand rideaux de séparation. La femme ... [Over-Blog a censuré cette
partie... car je n'ai pas la mention adulte]... ce qui lui donne énormément de plaisir.
Madame Lafeuille : Très bien. Et celle-là. Bravo ... nous allons bientôt passer à la mise en pratique... la théorie, c'est tellement ennuyant.
Le papa : Rien qu'avec la théorie, je sens que je fais des progrès... Ma femme est ravie. D'ailleurs elle vous a fait ce gâteau pour vous remercier.
3. Et là, on rentre...
Tout nos collègues surgissent déguisés en criant : "SURPRISE"
Nous : ...
Eux : Kesvoufoutélà ???
Nous : Pivous ??
Eux : Euh...
Nous : Vous attendiez qui ??
Eux : L'inspectrice, c'est son anniversaire aujourd'hui.
Nous : C'est pas vrai... vous êtes que des faillots... Vous faîtes une surprise party pour l'anniv de l'inspectrice !!
Eux : On n'a rien sans rien.
4. Et là, on rentre...
Madame Lafeuille est en pleure et le papa très mal à l'aise à côté d'elle, bafouille :
Le papa : Nan, c'est pas ça... vous êtes très belle (il s'étrangle)... c'est que y'a ma femme et ...
Madame Lafeuille, nous voyant arriver, s'essuie les yeux de la manche et dit assez fort.
Madame Lafeuille : Non, monsieur.... vous êtes marié. C'en est presque insultant. Qu'avez vous cru ? Je suis la maîtresse de votre fille... pas la vôtre.
Le papa : ...
Madame Lafeuille (très gonflée) : Et puis, je sais que j'ai une belle poitrine... mais vous auriez dû garder vos dans votre sl...vos poches.
Reour à la réalité :
Monsieur Janti (qui passe par là) : Qu'est ce qui vous fait marrer ?
Aurélie (encore dans le trip imagination) : T'entends pas des bruits suspects dans la classe...on s'inquiète.
Monsieur Janti (qui a compris l'allusion) : Vous êtes vraiment des gamins...
OUI ET VIVE L'ENFANCE..... ET MADAME LAFEUILLE !!!!!!
Par Walter
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Publié dans : Mes chers collègues
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