En début d'année scolaire, tous les profs
apréhendent la fameuse réunion lors de laquelle ils rencontrent tous les parents pour leur expliquer comment va se passer l'année (pédagogie, rituels en classe, méthode de travai, projets...). Le
plus souvent, cette réunion, qui au préalable, est censée informer les parents se transforme en tribunal où le prof, victime et avocat, se justifie, sue, s'explique, se contredit, sue,
parlemente, pue.... et j'en passe.
Il est vrai que cela dépend des écoles. Il en existe certaines où la chasse aux parents (ouverture en septembre) est le sport scolaire principal. Aucun parent ne se présente à cette
réunion et il est difficile de les aprecevoir à la sortie des classes ou en rendez-vous.
Concentrons-nous uniquement sur le genre d'école où les parents campent devant la classe depuis l'annonce de la date de la réunion comme certains devant l'Olympia avant un concert de Johnny. Pour
ceux-là voici quelques conseils indispensables pour éviter une année galère pendant laquelle le Parent-Power fait la loi dans la classe.
Conseil n°1. Aux attaques des parents, il faut répondre par des attaques tout aussi directes, et construites sur le même modèle de phrase pour
éviter tout malentendu.
Une maman ( qui hésite à vous tutoyer) : T...Vous êtes jeune.
Le prof ( naïf, qui croit à un jeu de description) : Vous êtes grosse.
Un papa : Vous n'avez pas d'expérience.
Le prof : Vous n'avez pas de travail.
Une maman (souvent la même , mais déguisée... pour pas passer pour la chiante) : Vous n'avez toujours pas fait le passé antérieur depuis la rentrée.
Le prof : Vous ne nous avez toujours pas accompagnés à la piscine depuis la rentrée.
Un papy (ben oui, Heidi est dans ma classe) : Vous avez déjà eu ce genre de classe.
Le prof : Si vous voulez parler d'une classe où les parents sont aussi chieurs... Non, il y en a peu.
Conseil n°2. Assurez-vous qu'aucun parent n'est prof à ses heures perdues. Si la voie est libre, innondez les pauvres parents de jargon
pédagogique incompréhensible.
Une maman : Et heu... en Français ?
Le prof : En français... c'est simple... j'emploie la PMEV... oui vous savez cette fameuse Pédagogie Maitrîsée à Effet Vicarian... Il s'agit en fait d'un processus de
cognitivasation par l'appréhension du terme exercé par sa réciproque dans le cortex binaire de votre enfant. Et vice et versa...
Conseil n°3 : Recadrer les parents qui tentent de profiter du système scolaire pour prendre du bon temps.
Un papa : Et heu... le voyage scolaire ?
Le prof : Houla, malheureux, je vous arrête tout de suite. Il n'est plus question de voyage scolaire depuis belle lurette. Je vous excuse, car aux vues de votre coiffure et de
votre style vestimentaire, je vois que vous avez fait une longue escale dans les années 80... En fait, maintenant chaque sortie est en rapport avec un projet de classe ou d'école. Oui, je sais,
le maître de l'année dernière est allé au parc Astérix pour son projet Gaulois... Mais soyons un peu sérieux, pourquoi pas DisneyLand pour étudier la chaîne alimentaire... ou encore la
Gay-Pride pour une leçon de civisme et d'ouverture... (sans mauvais jeu de mot)... ou même une virée au MacDo pour notre projet nutrition.
Conseil n°4 : Balancez constemment sur le gamin d'un parent absent pour asseoir votre autorité sans pour autant froisservotre auditoire.
Une maman : Et heu... les sanctions ?
Le prof : Les sanctions sont variables et il existe toujours une corrélation entre la sanction et l'acte sanctionné. Par exemple, Kévin a fait tomber son
taille-crayon, l'autre jour... Résultat il a passé chaque récréation de la semaine a tailler les crayons de l'école. Ensuite il a rangé les crayons par ordre de taille et par ordre alphabétique
inverse des couleurs en roumain. Pour finir il a rembourré les coussins de la bibliothèque avec la "taille de crayon" et comme il était dans la bibliothèque, il a couvert les livres
avec du papier toilette triple épaissuer et de la colle à bois. Un autre exemple, pas plus tard que ce matin, je m'aperçois que dans le cahier de liaison de Kévin, le mot
concernant la réunion actuelle, n'était toujours pas signé. J'ai empêché ses parents de rentrer classe pour suivre la réunion. Normal, non ??? Je ne voulais pas sanctionner l'enfant pour une
faute qu'il n'avait pas commise.